Marche ou crève – Stephen King

Marche ou Crève de Stephen King sous le pseudonyme de Richard Bachman

Editions J’ai lu (Polar)

Genre : Thriller

Quatrième de couverture

Ils sont 100 au départ, 1 à l’arrivée. Une balle dans la tête pour les autres.

Mieux que le marathon… La longue marche. Cent concurrents au départ, un seul à l’arrivée. Pour les autres, une balle dans la tête. Marche ou crève. Telle est la morale de cette histoire… sur laquelle on mise chaque année deux milliards de dollars.

Sur la route, le pire, ce n’est pas la fatigue, la soif ou même le bruit des half-tracks avec l’aboiement des fusils. Le pire reste cette créature sans tête, sans corps et sans esprit qu’il faut affronter : le monstrueux Dieu Foule… convulsé dans un paroxysme de plus en plus violent.

Et tandis qu’il marche, les muscles noués, Garraty entend la foule psalmodier son nom… Début d’une abominable réaction en chaîne dont il doit se sortir à tout prix… Pour quelle victoire ?

Mon avis

Marche ou crève est un roman avec un suspens insoutenable, mais où, paradoxalement, il ne se passe pas grand chose.

Nous suivons le héros de ce roman à partir du moment où il arrive au départ de la marche, lors des quelques moments préparatoires et tout au long de sa participation à cette marche. Nous faisons aussi connaissance avec les autres marcheurs avec lesquels il tisse des liens.

Nous suivons ces adolescents tout au long des kilomètres, ils nous racontent leur vie, leurs pensées, leurs rêves. Le récit est émaillé de quels moments forts de la marche, notamment quand les marcheurs rencontrent leur public. Mais à part ça, on ne peut pas vraiment dire qu’il y a de l’action, surtout par rapport aux autres romans que j’ai l’habitude de lire.

Pourtant, j’étais impatiente d’avancer dans ma lecture et de découvrir ce qui allait se passer au fil des pages.

Comme l’indique le résumé, la marche se terminera que quand il ne restera qu’un seul marcheur. Ceux qui n’arrivent plus à marcher sont exécutés.

Tout le suspens de l’histoire tient dans le fait qu’au fur et à mesure de la marche, ces garçons nous racontent qui ils sont. Au fur et à mesure qu’ils se présentent, nous expliquent pourquoi ils sont là, nous racontent ce qu’ils feront s’ils gagnent, ils ne sont plus de simples inconnus, ils prennent une épaisseur, ils ont une personnalité.

Et plus on les connaît, plus on veut savoir jusqu’où ils vont marcher, s’ils vont survivre ou s’écrouler. Avec un enjeu en plus pour le héros Garraty, que l’on suit depuis le début.

Est-ce qu’il va aller jusqu’au bout, gagner cette marche les pieds en sang ou est-ce que l’auteur va décider de le faire mourir avant la ligne d’arrivée. Qui va gagner et qui va mourir et dans quelles conditions ?

La lecture de ce livre et cette envie de savoir jusqu’où nos personnages préférés vont continuer l’aventure m’a fait penser à ces jeux télévisés que je suis et où semaine après semaine, j’espère que ce ne seront pas mes candidats préférés qui vont sortir, mais au contraire ceux que j’apprécie le moins.

Sauf que là, être éliminé ne signifie pas seulement sortir du jeu, mais mourir !

Ce système d’enjeu et d’élimination m’a fait ressentir une sensation de voyeurisme, plutôt malsain vu l’enjeu. Impression renforcée par le fait que l’auteur nous met au plus près des personnages en nous racontant leurs confidences et en nous donnant accès à leurs pensées.

J’ai eu l’impression de faire partie de la foule qui accompagne les marcheurs et qui s’excite du moindre de leur frémissement. Cette foule qui attend de voir la sentence s’exécuter et un cadavre roulé à ses pieds.

On peut considérer que, d’une certaine manière, cette histoire raconte des jeux du cirque modernes. Ces jeux où, dans la Rome antique, les spectateurs pariaient sur la mort des gladiateurs qu’ils adulaient.

J’ai été un peu déçue par la fin du roman. J’ai trouvé la conclusion un peu rapide. Et j’aurais presque préféré que l’auteur fasse un autre choix que celui qu’il a fait, pour surprendre encore un peu plus. Mais cette fin est pour moi un détail par rapport à tout ce qui se passe dans ce livre.

En résumé

Un livre dont la lecture s’est révélée assez intense, malgré le peu d’action présentes. Le rythme de l’histoire est à la fois assez rapide (à la même allure que les marcheurs : 6 km/h) et à la fois assez lent, suivant le rythme de leurs pensées engourdies par la fatigue. Une histoire dont j’ai impatiemment envie de savoir la suite et en même temps qui me fait ressentir un voyeurisme à la limite du dégoût de spéculer sur la mort d’adolescent. Finalement, Marche ou crève est un livre plein de paradoxes et qui ne m’a pas laissée indifférente.

Les plus

  • Un livre au suspens prenant, qui pousse à continuer sa lecture pour savoir si le héros réussira à aller jusqu’au bout ou l’auteur décidera de le faire mourir avant la fin de la marche
  • Une lecture qui pousse à s’interroger sur le voyeurisme et les mécanismes de foule

Les moins

  • Un manque d’action malgré un rythme assez rapide et un suspens élevé
  • Il y a beaucoup de personnages. Même si les personnages qui entourent le héros sont assez bien détaillés, j’ai eu un peu de mal à tous me les représenter et à bien les suivre.

Note : ***** 5 étoiles – Très bonne lecture

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